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Dictionnaire de la Littérature Chrétienne

FAUST

quarta-feira 10 de outubro de 2007

Extrait du « Dictionnaire de la Littérature Chrétienne »

Le nom du diable qui visita Faust.

Le docteur Faust demanda au diable comme il s’appelait, quel était son nom. Le diable lui répondit qu’il s’appelait Méphistophélès.
Les conditions du pacte, quelles elles sont.

Au soir, environ vêpres, entre trois et quatre heures, le diable volatique se montra au docteur Faust derechef, et le diable dit au docteur Faust : « J’ai fait ton commandement, et tu me dois commander. Partant, je suis venu pour t’obéir, quel que soit Ion désir, d’autant que tu m’as ainsi ordonné, que je me présentasse devant toi a cette heure ici. » Lors Faust lui fit réponse, ayant encore son âme misérable, toute perplexe, d’autant qu’il n’y avait plus moyen de différer l’heure donnée. Car un homme en étant venu jusque-là ne peut plus être à soi ; mais il est, quant à son corps, en la puissance du diable, et de là en avant la personne est en sa puissance. Lors Faust lui demanda les pactions qui s’ensuivent.

Premièrement, qu’il peut faire prendre une telle habitude, forme et représentation d’esprit, qu’en icelle il vînt et s’apparût à lui. Pour le second, que l’esprit fit tout ce qu’il lui commanderait, et lui apportât tout ce qu’il voudrait avoir de lui. Pour le troisième, qu’il lui fût diligent, sujet et obéissant, comme étant son valet. Pour le quatrième, qu’à toute heure qu’il l’appellerait et le demanderait il se trouvât au logis. Pour le cinquième, qu’il se gouvernât tellement par la maison, qu’il ne fût ni vu ni reconnu e personne que de lui seul, à qui il se montrerait, comme serait son plaisir et son commandement. Et finalement, que toutes fois et quantes qu’il l’appellerait, il eût à se montrer en la même figure comme il lui ferait commandement.

Sur ces six points, le diable répondit à Faust qu’en toutes ces choses, il lui voulait être volontaire et obéissant, et qu’il voulût aussi proposer d’autres articles par ordre, et lorsqu’il les accomplirait, qu’il n’aurait faute de rien.

Les articles que le diable lui proposa sont tels que ci-après : Premièrement, que Faust lui promit et jurât qu’il serait sien, c’est-à-dire en la possession et jouissance du diable. Pour le second, qu’afin de plus grande confirmation, il lui ratifiât par son propre sang, et que de son sang il lui en écrivit un tel transport et donation de sa personne. Pour le troisième, qu’il fût ennemi de tous les chrétiens. Pour le quatrième, qu’il ne se laissât attirer à ceux qui le voudraient convertir. Conséquemment, le diable voulut donner à Faust un certain nombre d’années qu’il aurait à vivre, dont il serait aussi tenu de lui, et qu’il lui tiendrait ces articles, et qu’il aurait de lui tout son plaisir et tout son désir. Et qu’il le pourrait en tout presser, que le diable eût à prendre une belle forme et telle qu’il lui plairait.

Ledit Faust fut tellement transporté de la folie et superbité d’esprit, qu’ayant péché une fois, il n’eut plus de souci de la béatitude de son âme; mais il s’abandonna au diable, et lui promit d’entretenir les articles susdits. Il pensait que le diable ne serait pas si mauvais, comme il le faisait paraître, ni que l’enfer fût si impétueux, comme on en parle.
Le docteur Faust s’oblige.

Après tout cela, le docteur Faust dressa par dessus cette grande oubliance et outrecuidance, un instrument au diable et une reconnaissance, une briève soumission et confession, qui est un acte horrible et abominable. Et cette obligation-là fut trouvée en sa maison après son misérable départ de ce monde.

C’est ce que je prétends montrer évidemment pour instruction et exemple des bons chrétiens, afin qu’ils n’aient que faire avec le diable, et qu ils puissent retirer d’entre ses pattes leurs corps et leurs âmes, comme Faust s’est outrageusement abandonné à son misérable valet et obéissant, qui se disait être par le moyen de telles œuvres diaboliques, qui est tout ainsi que les Parthes faisaient, s’obligeant les uns aux autres; il prit un couteau pointu et se piqua une veine en la main gauche, et se dit un homme véritable. Il fut vu en sa main ainsi piquée un écrit comme d’un sang de mort, en ces mots latins : O homo, fuge! qui est à dire : O homme, fuis-t’en de là, et fais le bien.

Puis le docteur Faust reçoit son sang sur une tuile et y met des charbons tout chauds, et écrit comme s’ensuit ci-après :
« Jean Faust, docteur, reçois de ma propre main manifestement pour une chose ratifiée, et ce en vertu de cet écrit ; qu’après que je nie suis mis à spéculer les éléments, et après les dons qui m’ont été distribués et départis de là-haut, lesquels n’ont point trouvé d’habitude dans mon entendement; et de ce que je n’ai peut-être enseigné autrement des hommes, lors je me suis présentement adonné à un esprit qui s’appelle Méphistophélès, qui est valet du prince infernal en Orient, par paction entre lui et moi, qu’il m’adresserait et m’apprendrait, comme il m’était prédestiné, qui aussi réciproquement m’a promis de m’être sujet à toutes choses, partant et à l’opposite, je lui ai promis et lui certifie que d’ici à vingt-quatre ans, de lu date de ces présentes, vivant jusque-là complètement, comme il m’enseignera en son art et science, et en ses inventions me maintiendra, gouvernera, conduira, et me fera tout bien, avec toutes les choses nécessaires à mon âme, à ma chair, a mon sang et à ma santé, que je suis et serai sien a jamais. Partant je renonce à tout ce qui est pour la vie du maître céleste et de tous les hommes, et que je sois en tout sien. Pour plus grande certitude et plus grande confirmation, j’ai écrit la présente promesse de ma propre main, et l’ai sous-écrit de mon propre sang, que je me suis tiré expressément pour ce faire, de mon sens et de mon jugement, de ma pensée et volonté, et l’ai arrêté, scellé et testifié, etc. »

Faust tira cette obligation à son diable, et lui dit : Toi, tiens le brevet. Méphistophélès prit le brevet et voulut encore de Faust avoir cela, qu’il lui en fit une copie, que le malheureux Faust dépêcha.


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