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SONNET XIV

domingo 12 de agosto de 2007

Nous qui, nés au couchant pour mourir avant l’aube,
Du monde connaissons l’obscurité totale,
Comment appréhender sa vérité, nés aux ténèbres,
Impénétrable fruit du non-rayonnement ?

Les seuls astres étant nos maîtres de lumière, nous saisissons
A perte de pensée leur ténu poudroiement,
Et, bien que leur regard perce des nuits le masque,
Il n’annonce jamais le visage du jour.

Pourquoi ces infimes dénis de l’intégral
Charmeraient-ils notre œil plus que le noir total ?
La prétendue valeur, pourquoi l’âme captive

L’accorde-t-elle à l’exigu pour en priver le grand ?
Ainsi, par amour de la lumière souhaitant la nuit plus vaste,
Accédons-nous confusément à une nocturne notion du jour.

(Traduit de l’anglais par Armand Guibert.)