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Dictionnaire de la Littérature Chrétienne

FAUST

quarta-feira 10 de outubro de 2007

Extrait du « Dictionnaire de la Littérature Chrétienne »

Le docteur Faust conjure le diable pour la première fois.

Fauste vint en une forêt épaisse et obscure, comme on se peut figurer, qui est située près de Wittenberg, et s’appelle la forêt de Mangealle, qui était autrefois très bien connue de lui-même. En cette forêt, vers le soir, en une croisée de quatre chemins, il tit avec un bâton un cercle rond, et deux autres qui entraient dedans le grand cercle. Il conjura ainsi le diable en la nuit, entre neuf et dix heures; et lors manifestement le diable se relâcha sur le point, et se fit voir au docteur Faust en arrière, et lui proposa: Or sus, je veux sonder ton cœur et ta pensée, que tu me l’exposes comme un singe attaché à son billot, et que non seulement ton corps soit à moi, mais aussi ton Ame, et tu me seras obéissant, et je t’envoierai où je vouerai pour faire mon message; et ainsi le diable amiella étrangement Faust, et l’attira à son abusion.

Lors le docteur Faust conjura le diable, à quoi il s’efforça tellement, qu’il fit un tumulte qui était comme s’il eut voulu renverser tout de fond en comble ; car il faisait plier les arbres jusques en terre; et puis le diable faisait comme si toute la forêt entêté remplie de diables, qui apparaissaient au milieu et autour du cercle à l’environ comme un grand charriage menant bruit, qui allaient et venaient çà et là, tout au travers par les quatre coins, redonnant dans le cercle comme des élans et foudres, comme des coups de gros canon, dont il semblait que l’enfer fût entr’ouvert, et encore y avait-il toutes sortes d’instruments do musique amiables, qui s’entendaient chanter fort doucement, et encore quelques danses; et y parurent aussi des tournois avec lances et épées, tellement que le temps durait fort long à Faust, et il pensa de s’enfuir hors du cercle. Il prit enfin une résolution unique et abandonnée, et y demeura, et se tint ferme à sa première condition (Dieu permettant ainsi, à ce qu’il pût poursuivre), et se mit comme auparavant à conjurer le diable de nouveau, afin qu’il se fit voir à lui devant ses jeux, de la façon qui s’ensuit. Il s’apparut à lui, à l’entour du cercle, un griffon, et puis un dragon puant le soufre et souillant, en sorte que, quand Faust faisait les incantations, cette bête grinçait étrangement les dents, et tomba soudain de la longueur de trois ou quatre aunes, qui se mit connue un peloton de feu, tellement que le docteur Faust eut une horrible frayeur. Nonobstant il embrassa sa résolution, et pensa encore plus hautement de faire que le diable lui fût assujéti. Comme quand Faust se vantait, en compagnie un jour, que la plus haute tête qui fût sur la terre lui serait assujétie et obéissante, et ses compagnons étudiants lui répondaient qu’ils ne savaient point de plus haute tête que le pape, ou l’empereur, ou le roi. Lors répondait Faust : La tête qui m’est assujétie est encore plus haute, comme elle est écrite en l’Epître de saint Paul aux Ephésiens : «C’est le prince «de ce monde sur la terre et dessous le ciel. » Ainsi donc, il conjura cette étoile une fois, deux fois, trois fois, et lors devint une poutre de fou, un homme au-dessus qui se défit, puis après, ce furent six globes de feu comme des lumignons, et s’en éleva un au-dessus, et puis un autre par-dessous, et ainsi conséquemment, tant qu’il se changea du tout, et qu’il s’en forma une figure d’un homme tout en feu, qui allait et venait tout autour du cercle, par l’espace d’un quart d’heure. Soudain ce diable et esprit se changea sur-le-champ en la forme d’un moine gris, vint avec Faust en propos, et demanda ce qu’il voulait.


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