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Dictionnaire de la Littérature Chrétienne

FAUST

quarta-feira 10 de outubro de 2007

Extrait du « Dictionnaire de la Littérature Chrétienne »

Légende de Faust par Widmann, traduite en français, au XVI siècle, par Palma Cayet.

(L’origine de Faust et ses études.

Le docteur Faust fut fils d’un paysan natif de Veinmar sur lu Rhod, qui a eu une grande parenté à Wittenberg, comme il y a eu de ses ancêtres gens de bien et bons chrétiens ; même son oncle qui demeura à Wittenberg et en fut bourgeois fort puissant en biens, qui éleva le docteur Faust, et le tint comme son fils; car, parce qu’il était sans héritiers, il prit ce Faust pour son fils et héritier, et le lit aller à l’école pour étudier en la théologie. Mais il fut débauché d’avec les gens de bien, et abusa de la parole de Dieu. Pourtant, nous avons vu telle parenté et alliance de fort gens de bien et opulents comme tels avoir été du tout estimés et qualifiés prud’hommes, s’être laissés sans mémoire et ne s’être fait mêler parmi les histoires, comme n’ayant vu ni vécu en leurs races de tels enfants impies d’abomination. Toutefois, il est certain que les parents du docteur Faust (comme il a été su d’un chacun à Wittenberg) se réjouirent de tout leur cœur de ce que leur oncle l’avait pris comme son fils, et comme de là en avant ils ressentirent en lui son esprit excellent et sa mémoire, il s’ensuivit sans doute que ses parents eurent un grand soin de lui, comme Job, au chap. I, avait soin de ses enfants, à ce qu’ils ne fissent point d’offense contre Dieu. Il advient aussi souvent que parents qui sont impies ont des enfants perdus et mal conseillés, comme il s’est vu de Cham, Gen. IV ; de Rub, Gen. XLIX ; d’Absalon, II Reg. XV, 18. Ce que je récite ici, d’autant que cela est notoire, quand les parents abandonnent leur devoir et sollicitude, par le moyen de quoi ils seraient excusables. Tels ne sont que dos masques, tout ainsi que des flétrissures à leurs enfants; singulièrement comme il est advenu au docteur Faust d’avoir été mené par ses parents. Pour mettre ici chaque article, il est à savoir qu’ils l’ont laissé faire en sa jeunesse à sa fantaisie, et ne l’ont point tenu assidu à étudier, qui a été envers lui par ses dits parents encore plus petitement. Item, quand ses parents eurent vu sa maligne tête et inclination, et qu’il ne prenait pas plaisir à la théologie, et que de là il fut encore approuvé manifestement, même il y eut clameur et propos commun, qu’il allait après les enchantements, ils le devaient admonester à temps, et le tirer de là, comme ce n’était que songe et folies, et ne devaient pas amoindrir ces fautes-là, afin qu’il n’en demeurât coupable.

Mais venons au propos. Comme donc le docteur Faust eut parachevé tout le cours de ses études, en tous les chefs plus subtils de sciences, pour être qualifié et approuvé il passa outre do là en avant, pour être examiné par les recteurs, afin qu il fut examiné pour être maître, et autour de lui il y eut seize maîtres, par qui il fut ouï et ennuis, et avec dextérité il emporta le prix de la dispute.

Et ainsi, pour ce qu’il fut trouvé avoir suffisamment, étudié sa partie, il fut fait docteur en théologie. Puis après, il eut encore en lui sa tête folle et orgueilleuse, comme on appelle des curieux spéculateurs, et s’abandonna aux mauvaises compagnies, mettant la Sainte-Ecriture sous le banc, et mena une vie d’homme débauché et impie, comme cette histoire donne suffisamment à entendre ci-après.

Or, c’est au dire commun et très véritable : Qui est au plaisir du diable, il ne le laisse reposer ni se défendre. Il entendit que dans Cracovie, au royaume de Pologne, il y avait eu ci-devant une grande école de magie, fort renommée, où se trouvaient telles gens qui s’amusaient aux paroles chaldéennes, persanes, arabiques et grecques, aux figures, caractères, conjurations et enchantements, et semblables termes, que l’on peut nommer d’exorcismes et sorcelleries, et les autres pièces ainsi dénommées par exprès les arts dardaniens, les nigromances, les charmes, les sorcelleries, la divination, l’incantation, et tels livres, paroles et termes que l’on pourrait dire. Gela fut très agréable à Faust, et y spécula et étudia jour et nuit; en sorte qu’il ne voulut plus être appelé théologien. Ainsi fut homme mondain, et s’appela docteur do médecine, fut astrologue et mathématicien. Et en un instant il devint droguiste; il guérit premièrement plusieurs peuples avec des drogues, avec des herbes, des racines, des eaux, des potions, des recettes et des clystères. Et puis après, sans raison, il se mit à être beau diseur, comme étant bien versé dans l’Ecriture divine. Mais, comme dit bien la règle de notre Seigneur Jésus-Christ : Celui qui sait la volonté de son maître, et ne la fait pas; celui-là sera battu au double.
Item. « Nul ne peut servir deux malices. »

Item. « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu. » Faust s’attira tous ces châtiments sur soi, et mit sou Ame à son plaisir pardessus la barrière; tellement qu’il se persuada n’être point coupable.


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