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Dictionnaire de la Littérature Chrétienne

FAUST

quarta-feira 10 de outubro de 2007

Extrait du « Dictionnaire de la Littérature Chrétienne »

Conclusion

Cette légende, comme on le voit, n’offre aucune donnée qui se rattachée l’invention de l’imprimerie dont Faust partage l’honneur avec Guttemberg et Schœffer : nous avons choisi la plus curieuse ; mais un grand nombre d’autres constatent ce détail et supposent que Faust s’était donné au diable pour réparer sa fortune, perdue dans les essais de son invention. Le plus ancien auteur qui ait parlé de ces documents, Conrad Durieux, pense que ces légendes ont été fabriquées par des moines irrités de la découverte de Johann Fust ou Faust, qui leur enlevait les utiles fonctions de copistes de manuscrits. Klinger, l’auteur allemand du livre remarquable intitulé les Aventures de Faust, et sa escente aux enfers, a admis celte version.

Cependant à Leipsik, »ù l’on voit encore la cave de l’Auerbach, illustrée par le souvenir de Faust et de Méphistophélès (comme on le verra dans la pièce), les peintures anciennes conservées dans les arcs des voûtes et qui viennent d’être restaurées, portent la date de 1525, et l’invention de l’imprimerie date environ de 1440; il faudrait donc admettre, ou qu’il a existé deux Faust différents, ou que Faust était très-vieux lorsqu’il fit un pacte avec le diable; ce qui rentrerait du reste, dans la supposition qu’a faite Goethe, qu’il invoque le diable pour se rajeunir.

Suivant l’opinion la plus accréditée, Faust naquit à Mayence où il commença par être orfèvre. Plusieurs villes, du reste, se disputent l’honneur de lui avoir donné naissance et conservent des objets que son souvenir rend précieux; Francfort, le premier livre qu’il a imprimé ; Mayence, sa première presse. On montre aussi, à Wittemberg, deux maisons qui lui ont appartenu et qu’il légua à son disciple Wagner. L’histoire du vieux Paris conserve aussi des souvenirs de Faust, qui vint apporter à Louis XI un exemplaire e la première Bible, et qui, accusé de magie, à cause de son invention môme, parvint à se soustraire au bûcher, ce que l’on attribua, comme toujours, à l’intervention du diable.

« L’histoire de Faust, populaire tant en Angleterre qu’en Allemagne, et connue môme en France depuis longtemps, comme on peut le voir par la légende, a inspiré un grand nombre d’auteurs de différentes époques. L’œuvre la plus remarquable qui ait paru sur ce sujet, avant celle de Goethe, est un Faust du poète anglais Marlowe, joué en 1589, et qui n’est dépourvu ni d’intérêt ni de valeur poétique. La lutte du bien et du mal dans une haute intelligence est une des grandes idées du XVI siècle, et aussi du nôtre; seulement la forme de l’œuvre et le sens du raisonnement diffèrent, comme on peut le croire, et les deux Faust de Marlowe et de Goethe formeraient sous ce rapport un contraste intéressant à étudier. On sent dans l’un le mouvement des idées qui signalaient la naissance de la réforme; dans l’autre, la réaction religieuse et philosophique qui la suivie et laissée en arrière. Chez l’auteur anglais, l’idée n’est ni indépendante de la religion, ni indépendante des nouveaux principes qui l’attaquent ; le poète est à demi enveloppé encore dans les liens de l’orthodoxie chrétienne, à demi disposée les rompre. Goethe, au contraire, n’a plus de préjugés à vaincre, ni de progrès philosophiques à prévoir. La religion a accompli son cercle, et l’a fermé; la philosophie a accompli de même et fermé le sien. Le doute qui en résulte pour le penseur n’est plus une lutte à soutenir, niais un choix à l’aire; et si quelque sympathie le décide à la fin pour la religion, on peut dire que son choix a été libre et qu’il avait clairement apprécié les deux côtés de cette superbe question.

« La négation religieuse qui s’est formulée en dernier lieu chez nous par Voltaire, et chez les Anglais par Byron, a trouvé dans Goethe un arbitre plutôt qu’un adversaire. Suivant dans ses ouvrages les progrès ou du moins la dernière transformation de la philosophie de son pays, ce poêle a donné à tous les principes en fuite une solution complète, qu’on peut ne pas accepter, mais dont il est impossible de nier la logique savante et parfaite. Ce n’est ni de l’éclectisme ni de la fusion ; l’antiquité et le moyen âge se donnent la main sans se confondre, la matière et l’esprit se réconcilient et s’admirent; ce qui est déchu se relève ; ce qui est faussé se redresse : le mauvais principe lui-même se fond dans l’universel amour. C’est le panthéisme moderne : Dieu est dans tout. »

Cette appréciation du Faust de Goethe est de M. Gérard de Nerval. Mais ici la voix populaire aura encore raison contre un homme de science et d’esprit. En pratique le panthéisme détruit Dieu, puisqu’il confond les notions du bien et du mal et anéantit la morale : or, si les notions fondamentales de la morale reposent sur celle de Dieu, on peut dire aussi quo réciproquement l’idée de Dieu est fondée sur les notions mordes, dont elle est la règle et l’abstraction vivantes. Le panthéisme spéculatif est donc l’athéisme pratique, et l’athéisme pratique doit conduire bientôt à l’athéisme spéculatif. La voix publique a donc raison lorsqu’elle accuse Goethe d’avoir été athée : car on nie tout, aussi bien Dieu en voulant ajouter qu’en voulant retrancher quelque chose à son être; dire plus de l’infini, c’est nécessairement en dire moins, et ajouter seulement un au nombre universel, c’est retrancher tout. Voilà ce que fait le panthéisme.

Mais nous n’avons pas à donner ici des preuves de notre opinion sur Goethe, dont le drame n’appartient à la littérature religieuse quo par ses emprunts à la légende et par son magnifique débat, que nous avons rapporté ailleurs, et qui est imité des plus belles pages du livre de Job.


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